Vertige

Le vertige est une véritable illusion de mouvement

Le vertige :

Le vertige est une véritable illusion de mouvement (du décor ou de soi-même). 
Le mouvement ressenti est le plus souvent rotatoire (ex : manège), ou vertical (ex : ascenseur), ou horizontal (ex : balançoire…) ou un enfoncement dans le sol. Une crise vertigineuse peut durer de quelques secondes à plusieurs jours ; elle peut être unique ou se répéter. Le vertige peut être déclenché par certains mouvements : tourner la tête rapidement, se lever, se coucher…
Il y a souvent des nausées ou vomissements (voire diarrhée, parfois au premier plan, mimant une gastro-enterite).
Un sentiment de ne plus être soi-même – assez violent et perturbant – est fréquent. Cela génère souvent beaucoup d’anxiété. Cependant, il n’y a jamais de perte de connaissance. Il est dû le plus souvent à une anomalie de la fonction de l’oreille interne. Cependant, il peut aussi être lié à des anomalies des autres organes des sens (vision, toucher) ou de leur perception (trouble neurologique ou neurosensoriel).

Les sensations vertigineuses :

Les sensations vertigineuses  sont une sensation de déséquilibre, d’instabilité, d’ébriété ou de chute imminente (mais qui ne vient pas). Elles ne causent pas d’impression de mouvement. Elles disparaissent généralement dès que la personne prend appui sur quelque chose (et donc aussi en position assise ou couchée). 
Les sensations vertigineuses  sont une sensation de déséquilibre, d’instabilité, d'ébriété ou de chute imminente (mais qui ne vient pas). Elles ne causent pas d’impression de mouvement. Elles disparaissent généralement dès que la personne prend appui sur quelque chose (et donc aussi en position assise ou couchée). 


Les conflits neuro-sensoriels :

Ils n’apparaissent que suite à certaines stimulations sensorielles – qui leur donnent en général leur nom (ex : mal de mer…). Très banals et fréquents, ils sont parfois néanmoins invalidants.

On peut citer (non exhaustif):

  • Le classique « mal de mer »,
  • La cinétose ou le mal des transports (qui disparaît souvent si on est conducteur)
  • La dépendance visuelle (« je pars avec le décor, le bus qui passe » « les carreaux, les mouvements de foules, les grandes surfaces me dérangent » …),
  • Le mal du débarquement,
  • Le syndrome du défilement/ de l’autoroute (« les lignes blanches se croisent sur l’autoroute »
  • Le PPPD ou trouble postural-perceptif persistant est un étourdissement subjectif chronique de description récente.

LES SYSTÈMES IMPLIQUÉS DANS L’EQUILIBRE :

L’équilibre est une fonction complexe, qui implique les systèmes de :

  • L’oreille interne (dans sa partie vestibulaire)
  • La vision
  • La perception de la position du corps (proprioception) 
  • Le centre de la coordination (certaines parties du cervelet).
  • Les centres d’intégration centrale (certaines parties du cerveau)

L’oreille interne : L’organe de l’équilibre

L’oreille interne est constituée essentiellement d’une coque osseuse contenant des liquides spéciaux dans lesquels baignent les 2 organes sensoriels : l’organe de l’audition (la cochlée, voir chapitre audition) et l’organe de l’équilibre (le vestibule).

L’organe de l’équilibre, le vestibule : deux sous-organes :

  • Les canaux semi-circulaires : perception des mouvements rotatoires. Sorte de « gyroscope » : chacun des 3 plans de l’espace est analysé par un canal, et ce, par oreille (total de 6 canaux par individu).
  • Le système otolithique : perception de la verticale et de l’horizontale. Sorte de « fil à plomb » qui s’ajuste sans cesse selon les mouvements de tête grâce à la présence de cristaux de carbonates de calcium, les otolithes, appelés couramment « cristaux de l’oreille interne ». 

Le système vestibulaire :

Le vestibule va coder sous forme d’impulsions électriques les variations de mouvements qu’il a perçus. Ces informations sont ensuite transmises par le nerf vestibulaire jusque dans les centres nerveux correspondants. Le cerveau et le cervelet déclenchent alors des réponses pour maintenir l’équilibre.

La moindre anomalie de ces systèmes, même minime, peut donner des troubles de l’équilibre.

C’est une atteinte inflammatoire d’un nerf vestibulaire, en général d’origine virale.
Elle provoque une seule grande crise de vertige de plusieurs jours avec diminution progressive (1er jour au lit, 2e au fauteuil, 3e debout par exemple). Les nausées et vomissements sont fréquents. Il n’y a pas d’autres signes d’accompagnement.
La personne ne ferra pas de nouvel épisode dans sa vie (sauf rares exceptions).

Les principales causes de vertiges :

Les diagnostics sont très variés.Parfois, aucune cause n’est retrouvée. Parfois, les causes sont multiples (cas fréquent chez la personne âgée). Mais 3 maladies se distinguent (> 50% des cas) :

1- Les vertiges positionnels paroxystiques bénins (VPPB) :

« vertiges liés aux cristaux » « les vertiges au lit ». Liés à la présence inappropriée d’otolithes dans un canal semi-circulaire, créant une perception vertigineuse brève mais violente lors de certains mouvements. Le vertige est très rotatoire, de moins de 30 secondes, reproductible après certains mouvements de tête typiques.

  • 2- Les névrites vestibulaires :

C’est une atteinte inflammatoire d’un nerf vestibulaire, en général d’origine virale.
Elle provoque une seule grande crise de vertige de plusieurs jours avec diminution progressive (1er jour au lit, 2e au fauteuil, 3e debout par exemple). Les nausées et vomissements sont fréquents. Il n’y a pas d’autres signes d’accompagnement.
La personne ne fera pas de nouvel épisode dans sa vie (sauf rares exceptions).

  • 3- La maladie de Menière et les syndromes pressionnels de l’oreille interne :

Liés à un hydrops (augmentation de la pression des liquides de l’oreille interne, d’origine inconnue, évoluant par poussées). Il y a à terme, une répétition fréquente de crises de vertiges intenses et rotatoires avec baisse de l’audition, bourdonnement, sensation d’oreille pleine du même coté, qui durent d’une vingtaine de minutes à quelques heures. Au début, certains symptômes peuvent manquer. Les nausées et vomissements sont fréquents. Si la personne récupère complètement entre chaque crise, on parlera plutôt de syndrome pressionnel. Si la maladie évolue vers des séquelles à long terme, il y a de façon chronique des troubles de l’équilibre, une surdité progressive avec acouphène sur l’oreille touchée. On pourra alors évoquer une maladie de Menière.


Comment préparer ma consultation pour vertiges ?

Pour bien préparer sa consultation pour vertiges, il est important d’amener tous les documents en sa possession :

  • Lettre d’introduction du professionnel qui vous a adressé
  • Ordonnances
  • Examens/Tests déjà réalisés (biologies, explorations, test d’audition…)
  • Imageries (images comprises) déjà réalisées.

De lister les caractéristiques du vertige pour pouvoir les décrire le plus précisément possible :

  • Première crise ou non ? Si non, dates des précédentes.
  • Avez-vous une impression de mouvement de l’environnement ou de vous-même ?
    Si oui, de quel type (rotation, tangage…) ? Si oui, durée de cette sensation de mouvement (et non de la sensation d’être mal, souvent plus longue)
  • Début de crise progressif ou brutal ? Arrêt progressif ou brutal ? Succession de petites crises ? Arrêt de mes vertiges si je reste immobile ?
  • Autres symptômes : nausées, vomissements,, baisse d’audition, acouphènes, mal de tête ? Si oui avant, pendant, après la crise ?
  • Crises déclenchées par un mouvement de tête, une position particulière ? Si oui lesquels et quel côté ?
  • Contexte particulier à signaler (modification d’un traitement ? Nouveau rythme de vie ? Stress ?)

De lister vos antécédents personnels et familiaux s’il y a lieu, en particulier :

  • Problèmes d’oreille connus (chirurgie, infections, traumatismes) ? Pensez à vos comptes-rendus alors.
  • Y a-t-il dans votre famille des personnes sujettes aux vertiges / troubles de l’audition?

Comment se déroule la consultation pour vertiges ?

Lors de la consultation de vertige initiale, le médecin écoute et questionne le patient :
– Sur les caractéristiques de sa crise et de ses symptômes d’accompagnement.
– Sur ses pathologies générales et ses prises médicamenteuses.

C’est un temps qui peut être long et se prolonger même lors de l’examen et après (retour sur les effets des traitements par exemple).

 Puis il examine :

  • Son équilibre, sa posture, sa marche.
  • Ses oreilles : conduit auditif, tympan, malformation, acoumétrie. Si besoin autres parties de la sphère ORL seront examinées.
  • L’absence d’argument pour un problème neurologique.

Le médecin étudie les mouvements des yeux, il recherche des nystagmus (sorte de va et vien de l’œil, parfois anomaux) dans différentes conditions :

  • A l’œil nu.
  • A l’aide d’une VidéoNystagmoScopie, (ou VNS, examen clef indispensable) : caméra filmant les yeux sous un casque, y compris dans l’obscurité) 

Parfois, il pourra réaliser d’emblée certains examens complémentaires listés ci-dessous (comme les tests rotatoires ou le VHIT)

Conclusions du médecin en fin de consultation :

Suite à son examen, le médecin pourra vous traiter d’emblée (manœuvre libératoire des vertiges bénins par exemple) et/ou il vous demandera des examens complémentaires.

Parfois, il en conclura que l’oreille interne n’est probablement pas (ou peu) en cause et vous réorientera vers le professionnel adapté à votre cas.


Comment se déroulent les examens complémentaires ?

Le médecin peut vous demander de réaliser certains examens complémentaires à l’extérieur du cabinet :

  • IRM du cerveau et du nerf auditif + parfois des séquences spécifiques appropriées à votre cas : vasculaire, recherche d’hydrops
  • Analyses sanguines
  • Scanner du rocher et de l’oreille
  • Avis et bilan cardiovasculaire (électrocardiogramme, échodoppler cardiaque et vasculaire…)
  • Avis et bilan d’orthoptie et/ou ophtalmologique
  • Avis et bilan de kinésithérapie
  • Avis et bilan de podologie….

Il vous sera en général proposé de réaliser le bilan ORL de votre oreille interne (ou bilan audio-vestibulaire) au cabinet 


Comment se déroule le bilan de mon oreille interne au cabinet ?

Le bilan audio-vestibulaire (ou bilan de l’oreille interne) est indispensable pour la plupart des troubles de l’équilibre.

En revanche, les vertiges bénins bien identifiés et espacés ne nécessitent généralement pas ce type de bilan. Certains examens très spécifiques (POM, PEA, VHIT) ne seront réalisés que si besoin. Le bilan audio-vestibulaire va permettre de tester les 2 organes de l’oreille interne :

  • Bilan de l’organe de l’équilibre pour le vestibule : 30 à 45 minutes
  • Bilan de l’organe de l’audition pour la cochlée, 15 à 30 minutes