Audition

L’audition est le développement d’un des cinq sens fondamentaux de l’homme, l’ouïe.


Qu’est-ce que l’audition ?

L’audition joue un rôle majeur au cours de l’existence : dès les premiers jours d’un enfant, elle participe à son développement psychomoteur et est même indispensable à l’acquisition du langage.  Sa préservation au meilleur niveau possible dans la 2ème moitié de la vie est également un facteur de vieillissement réussi, permettant de conserver au mieux les rapports sociaux et de limiter la dégénérescence cognitive. L’audition repose sur un organe sensoriel complexe, l’oreille, compartimenté en plusieurs zones anatomiques bien distinctes.

L’oreille externe est composée du pavillon et du conduit auditif externe, dont le rôle, comparable à une parabole, est de recueillir et de recentrer les vibrations sonores.

L’oreille moyenne est composée du tympan, comparable à la peau d’un tambour, la caisse du tympan qui joue un rôle de résonnance (caisse du tambour) et des osselets qui permettent d’amplifier le signal.

L’oreille interne, composée de la cochlée et du nerf auditif, a un rôle neurosensoriel, ce qui signifie qu’elle est le siège de la transformation d’une onde sonore en un signal électrique, interprétable ensuite pour le cerveau.
Une des missions de l’ORL est d’évaluer, à toutes les périodes de la vie, le niveau de l’audition et de déterminer l’existence d’une surdité, de son siège, des éventuelles pathologies responsables de cette surdité, et enfin de proposer, lorsque cela est possible, un traitement.


Quand l’évalue-t-on ?

L’audition peut être évaluée à tout âge :

  • Nouveau-né (dépistage à la maternité). Cette première évaluation permet de vérifier l’absence de surdité congénitale, dans la majorité des cas. Cette évaluation permet dans certains cas rares, le diagnostic de surdité profonde, pouvant conduire rapidement à des chirurgies d’implantation cochléaire.
  • Enfant : retard de langage, otites à répétition, surdité familiale.
  • Adulte : surdité professionnelle (exposition traumatique au bruit), pathologies acquises…
  • Sénior : évaluation de la presbyacousie (surdité secondaire au vieillissement). L’évaluation de l’audition, ses seuils et l’absence d’autres maladies de l’oreille, est la première étape indispensable avant la mise en place d’un appareillage auditif externe.

Quels signes doivent faire réaliser un bilan  ?

Chez le nouveau-né : en cas de dépistage anormal à la maternité 

Chez le bébé (1-3 ans) : retard ou absence de langage, absence de réaction aux bruits environnants, otites à répétition

Chez l’enfant : difficultés scolaires, retard dans les acquisitions, hyperactivité

Chez l’adulte : apparition brutale (consultation en urgence), ou progressive d’une perte auditive, vertige, acouphène, ou symptômes chroniques anormaux (écoulements de l’oreille, otites à répétition etc…)

Chez le senior : perte auditive responsable d’une gêne dans le bruit (repas de famille, restaurant, réunion), gêne pour la TV, retentissement social…


Comment évalue-t-on l’audition ?

La méthode dépend de l’âge et de la capacité de participation du patient.

Chez le nouveau-né et le jeune enfant, il n’est pas possible d’obtenir une réponse de l’enfant au test. On utilise donc des méthodes d’évaluation indirectes :

  1. Oto-émissions acoustiques ou produit de dégradation (DPgram). Lorsqu’un son parvient à l’oreille, les premières cellules activées, appelées cellules ciliées externes, ont le rôle d’amplifier le signal. Elles produisent un écho amplifié du son. Le principe du test est d’enregistrer cet écho, ce qui permet généralement d’affirmer la fonction normale de l’oreille. Ce test nécessite d’introduire un petit micro dans le conduit auditif externe.
  2. Potentiels évoqués auditifs. C’est le recueil de l’activité électrique transmise de l’oreille interne vers le cerveau, par l’intermédiaire du nerf auditif. Ce test permet de vérifier la fonction normale des voies neurologiques entre l’oreille et le cerveau. Ce test nécessite un casque et des électrodes collées sur le crâne.
  3. Audiométrie comportementale. Il s’agit de méthodes d’évaluation subjectives utilisées chez les enfants de moins de 4 ans, qui n’ont pas la capacité de comprendre et de réaliser un test de l’adulte. Cela nécessite souvent de conditionner l’enfant sous forme de jeu d’empilement par exemple, afin de recueillir ses réactions au son.

Chez l’adulte, on réalise une audiométrie. C’est le premier examen réalisé par le spécialiste en cas de doute sur l’audition. L’audiométrie comporte plusieurs étapes :

  1. Audiométrie tonale : évaluation de la capacité à entendre des sons. Elle nécessite un casque et un petit vibrateur posé derrière l’oreille. Elle permet de mesurer le seuil auditif (degré de sévérité) et de déterminer dans quelle partie de l’oreille se situe la surdité.
  2. Audiométrie vocale : évaluation de la capacité à comprendre des mots. Elle permet de mesurer les conséquences de la surdité sur la compréhension.